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Du 7 au 20 octobre 2026

DEGEL

MANUELA MARTELLI

Chili-USA-Espagne- Mexique, sortie 26/08/2026,1h48 - VOST

 

1 Nomination «Un Certain Regard» au Festival de Cannes 2026

 

Chili, 1992. Le pays reste marqué par des années de dictature. Alors qu’elle est gardée par ses grands-parents dans leur hôtel en station de ski, Inès, 9 ans, se lie d’amitié avec Hanna, une jeune sportive venue d’Allemagne. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de trace, l’enfant cherche à comprendre…

 

Avec «Chili 76», son premier long métrage, il y a trois ans, Manuela Martelli offrait une belle pierre à l’édifice mémoriel de son pays douloureusement marqué par dix-sept années de dictature militaire. Elle persiste avec ce Dégel, où la neige recouvre tout, tel un aveuglant linceul qui étouffe les pires secrets.

Inès, 9 ans, s’ennuie dans l’hôtel de ses grands-parents, isolé dans les Andes chiliennes, et c’est dans le lit d’une domestique qu’elle va, en douce, dormir la nuit. Elle admire Hanna, une jeune sportive allemande en pension dans l’établissement, et sympathise avec elle. Quand la jolie athlète blonde disparaît sans laisser de trace et que les policiers font des messes basses, la petite brunette cherche à comprendre cette évaporation…

 

Ce n’est pas à une enquête classique (même si le coupable se devine) que nous convie la réalisatrice, mais à une chronique implacable d’un monde tragiquement régi par le silence et la préservation des apparences, qu’elle filme avec une tension sourde, presque physique. On pourrait citer tant d’images qui résument la puissance douce mais constamment inquiétante de ce Dégel : Inès, minuscule silhouette solitaire, en combinaison de ski bleu sur fond immaculé, criant le prénom de la disparue. Ou ce moment où sa grand-mère, rang de perles et voix subtilement autoritaire, lui assène : « Je ne sais rien, tu ne sais rien, personne ne sait rien, nous sommes d’accord, Inès ? »

En choisissant une fillette pour héroïne (Maya O’Rourke, toute la gravité de l’enfance), en cadrant sans cesse son regard noir qui scrute les adultes et leurs contradictions, elle tisse un récit intime, ambigu, qui rejoint en creux l’histoire du Chili, alors tout juste sorti de la dictature de Pinochet. Avec pour éclatante métaphore cet événement qu’Inès regarde à la télévision : cet iceberg chilien envoyé à l’Exposition universelle de Séville pour afficher la nouvelle modernité du pays, alors que, comme chacun sait, un iceberg reste à moitié immergé…

Entre l’immensité blanche dehors et, dedans, les chambres feutrées où monte la paranoïa et les immenses couloirs dont la moquette assourdit les pas, Dégel est un saisissant film d’atmosphère politique. Un récit d’(amer) apprentissage qui murmure qu’il faudra encore beaucoup de fontes des neiges et de fillettes avides de vérité pour venir à bout du silence collectif.

À voir d’autant plus avec le retour de l’extrême droite au pouvoir au Chili.

 

Autour des interrogations d’une fillette après la disparition d’une femme dans le Chili du début des années 1990, la cinéaste tisse une chronique saisissante sur les non-dits. Télérama

Le portrait poignant d’une enfant en manque de repères. Abus de Ciné

 

Un film puissant sur l’absence, qui n’a pas peur du silence pour convoquer les spectres du passé. Ecran Large

 

Présenté en mai dernier au Festival de Cannes, le nouveau film de la Chilienne Manuela Martelli suit à la trace deux héroïnes solitaires dans un pays qui voit enfin fondre une dictature. A découvrir. Les Echos

 

Manuella Martelli signe un film beau et triste sur la persistance des mécanismes fascistes et coloniaux dans le Chili post-Pinochet. Les Fiches du Cinéma​

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