

Du 7 au 20 octobre 2026
ADIEU MONDE CRUEL
FÉLIX DE GIVRY
France-Belgique, sortie 09/9/2026,1h33 - VOST
1 Nomination au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2026 &
1 Nomination à la Semaine Internationale de la Critique 2026
Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Mais alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son collège, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville...
L’expression figée du titre est dénuée d’ironie : avec son prénom désuet et son patronyme de pharmacien, Otto Vidal veut vraiment en finir avec cette chienne de vie. Harcelé par ses camarades, le collégien a tout prévu : la lettre d’adieu accusatrice — « si ce qu’on apprend dans cette école catho de merde est vrai, je vous attendrai en enfer » — photocopiée et postée aux cinquante-deux élèves de troisième, le hamster innocent relâché dans la forêt avant le geste fatal et, bien sûr, les effrayants tumultes d’une rivière normande pour noyer à jamais sa douleur. Inapte au bonheur - croit-il -, Otto n’est cependant pas davantage taillé pour embrasser le destin du héros romantique qu’il s’était hâtivement forgé.
Sauvé des eaux par on ne sait quel miracle ou pulsion de vie dont il s’ignorait doté, dégoulinant de déshonneur dans une veste en cuir noir trop grande pour lui, le voilà condamné à s’évaporer. Les lettres sont arrivées, le retour, impossible. Débute alors une renaissance, aux bons soins de Léna qui a surpris le fugueur dans les bois et va l’héberger en secret dans une chambre vétuste de l’hôtel familial.
« L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire », écrivait François Truffaut au moment de la sortie de son chef-d’œuvre fondateur et ouvertement autobiographique, Les Quatre Cents Coups (1959). Son ombre tutélaire plane sur le premier film de Félix de Givry, réalisateur de 34 ans qui a choisi lui aussi de transposer, pour mieux s’en défaire, ses traumatismes d’adolescent victime de harcèlement scolaire.
Les cinéphiles s’amuseront donc à relever les hommages à Truffaut et à ses pairs de la Nouvelle Vague, disséminés dans le scénario. La mère d’Otto est vendeuse de chaussures ? Comme Delphine Seyrig dans Baisers volés. Après son suicide raté, Otto tente en vain de récupérer ses enveloppes funestes dans une boîte aux lettres jaune poussin, sans pour autant y glisser une allumette, comme l’Antoine Doinel du même film voulant faire disparaître in extremis une missive compromettante. La voix off omnisciente, joliment littéraire, a été confiée à Françoise Lebrun, inoubliable Veronika de La Maman et la Putain, de Jean Eustache.
Aucun hasard non plus dans le choix de Lisieux — sa basilique, ses pèlerins, son mystère chrétien —, petite ville provinciale chabrolienne en diable, où le temps semble figé dans les années 1970. Citons encore la superbe partition orchestrale d’Arnaud Toulon dont les thèmes mélancoliques récurrents évoquent les envolées d’un Georges Delerue.
Un superbe film d’apprentissage au lyrisme anachronique. Télérama
Ce film singulier, qui ne cherche pas à faire de son sujet un spectacle, parvient à saisir la souffrance d'êtres différents comme Otto et Léna, confrontés pendant l'adolescence à la violence des logiques de groupe. Franceinfo.Culture
Dans son premier film, Félix de Givry accompagne le retour à la vie d'un adolescent porté disparu. Un cheminement qu'il met en scène avec grâce et au rythme d'une bande originale, elle aussi, bouleversante. Les Echos
La lumineuse scène finale dit tout des intentions bienfaisantes d'un film aux allures de conte enchanté. La Tribune Dimanche
Milo Machado-Graner et Jane Beever forment ce duo adolescent tout en douceur, délicatesse et grâce. Le Dauphiné Libéré
« Adieu Monde Cruel » possède la grâce des premiers films réussis. Le Figaro


