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Du 10 au 23  décembre 2025

DEUX PROCUREURS

SERGEI LOZNITSA

France-Allemagne-Pays-Bas, sortie le 05/11/2025, 1h58 - VOST

Avec Aleksander KuznetsovAleksander FilippenkoAnatoliy Belyy...

 

Prix François Chalais au Festival de Cannes 2025

 

Union Soviétique, 1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime sont brûlées dans une cellule de prison. Contre toute attente, l’une d’entre elles arrive à destination :sur le bureau du procureur local fraîchement nommé, Alexander Kornev. Il se démène pour rencontrer le prisonnier, victime d’agents de la police secrète, la NKVD. Bolchévique chevronné et intègre, le jeune procureur croit à un dysfonctionnement. Sa quête de justice le conduira jusqu’au bureau du procureur général à Moscou. A l’heure des grandes purges staliniennes, c’est la plongée d’un homme dans un régime totalitaire qui ne dit pas son nom…

 

Durant la Grande Terreur stalinienne, l’odyssée kafkaïenne d’un jeune magistrat zélé, cantonné à recueillir les informations qu’un illustre prisonnier désire lui transmettre. Paranoïa, brutalité, cynisme des caciques d’un régime que le spectateur perçoit comme l’ombre fantomatique de la Russie de Poutine…

Au-delà de ses plans acérés et de sa structure implacable, la grande idée du film de l’Ukrainien Sergei Loznitsa consiste à se couler dans la rigidité protocolaire du procureur Kornev, héros passif d’un thriller assis, marathonien des salles d’attente, convaincu que sa rigueur morale et son abnégation mettront d’équerre un appareil dictatorial miné par la corruption et le mal.

De cette fixité, Loznitsa fait naître une tension terrifiante. Elle passe par une fabuleuse orchestration du dialogue, le tranchant des mots, leur caractère piégeux, le pouvoir de déclamation des acteurs poussé à son paroxysme – on pense à ce clodo conteur homérique qui, au cours d’une scène lors d’un interminable voyage en train, accable le procureur par son flot de bla-bla, soufflant sur lui un époustouflant blizzard rhétorique.

Il en résulte un film à la fois sec et délié, qui embrasse dans un même élan drôlerie et horreur, paroles létales et silences anxiogènes – ces rounds d’observation à la Sergio Leone où la terreur circule littéralement sur les visages.

 

Une fable virtuose sur l’arbitraire. Télérama

 

Un film d’une beauté simple et limpide pour décrire avec rigueur une logique atroce. Les Fiches du Cinéma

 

Le réquisitoire de Loznitsa [le réalisateur] est absolument impitoyable et on laissera à chacun le soin de lui trouver des résonances actuelles. La Tribune Dimanche

 

Le jeu en vaut la chandelle, d’autant que le film est traversé par une ironie collant à la trajectoire tragique de son héros, confronté à la cruauté et à l’enfer bureaucratique d’un régime dont il est le loyal serviteur, campé par l’épatant Aleksander Kouznetsov (Leto), voire parfois par un humour burlesque à la Jacques Tati. Le Journal du Dimanche

 

Film puissant, implacable, qui nous fait regarder le passé pour mieux comprendre le présent. Le Point

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