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DU 27 Avril au 10 Mai 2022

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NOUS
ALICE  DIOP
France, sortie le 16/02/2022, 1h57

Prix du Meilleur Film dans la compétition Encounters et Prix du Meilleur Documentaire toutes sections confondues à la Berlinale 2021


Une ligne, le RER B, traverse Paris du nord au sud : on voyage à l'intérieur de ces lieux indistincts qu'on appelle la banlieue. Des rencontres : une femme de ménage à Roissy, un ferrailleur au Bourget, une infirmière à Drancy, un écrivain à Gif-sur-Yvette, le suiveur d'une chasse à courre en vallée de Chevreuse et la cinéaste qui revisite le lieu de son enfance. Chacun est la pièce d'un ensemble qui compose un tout. Un possible "nous"...


Nous est né de la lecture du livre de François Maspero intitulé Les Passagers du Roissy Express, sorti en 1990, qui raconte la randonnée d’un écrivain le long du RER B, ligne de train de banlieue parisienne traversant des espaces géographiques et sociologiques extrêmement variés. La réalisatrice Alice Diop, qui a découvert le livre en 2006, a grandi dans une cité à Aulnay-sous-bois, qui est un point de cette ligne : "Le livre parlait de mon quartier, de la cité des 3000, des gens que j’avais côtoyés... Depuis cette périphérie je tentais de quitter la banlieue, de me faire une place au centre, à Paris, par mes études, et mon travail de réalisatrice qui débutait, mais j’étais encore précaire. Aujourd’hui, je me rends compte que cet horizon qui m’apparaissait alors comme désirable ne l’est plus tant que ça et que tous mes films n’ont fait que témoigner de cette culpabilité d’avoir voulu partir ». 
Mais Alice Diop fait en sorte que le propos du film dépasse le cadre de la banlieue : "La chasse à courre, les gens qui votent Front National, la banlieue des pavillons, la banlieue des grands ensembles, mon père, les rois de France, les mecs de cité, les enfants, sans hiérarchie, sont intégrés dans mon « nous », qui est un « nous » ouvert", confie la cinéaste.
En partant de cet espace géographique qu’est la banlieue, le film questionne plus largement les sociétés contemporaines. Alice Diop a cherché à déjouer cet attendu tout en s'inscrivant dans le sillage de cinéastes ou de photographes comme Pialat ou Doisneau. 


Par un dispositif d’une grande finesse et jamais directif dans son constat, Alice Diop brosse, à travers divers habitants de Seine-Saint-Denis, toutes classes et origines confondues, reliés par la ligne B du RER, une vision holistique de ce « Nous » composant la France. Les Fiches du Cinéma.

Tournant le dos à notre société gravement fracturée, « Nous » accorde une place à chacun, dans un élan d’une grande audace qui tient de l’utopie politique. Télérama
La France, hétérogène, le long d’une ligne de RER. « Nous », peut-être le film le plus ambitieux d’Alice Diop, ne se donne pas à aimer facilement. Pourtant, il emporte, par son intelligence et sa profonde émotion. Bande à part
Cette diversité, ce « Nous » bien réel, trop souvent fantasmé ou représenté avec dureté, se dévoile ici au fil d'une mise en scène toute en finesse, ingénieuse, stimulante. Le Journal du Dimanche