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Du 1er au 14  juillet 2026

LES FLEURS DU MANGUIER

AKIO FUJIMOTO

Japon-France-Malaisie-Allemagne, sortie 22/04/2026, 1h39 - VOST

 

Prix Spécial du Jury Orizzonti à la Mostra de Venise 2025

 

Dans l’espoir de retrouver leur famille dispersée, Shafi, 4 ans, et sa sœur Somira, 9 ans, quittent un camp Rohingyas du Bangladesh pour rejoindre la Malaisie. Guidés par leur regard d’enfant, ils entreprennent une traversée périlleuse.;;

Une mère jette précipitamment quelques affaires de première nécessité dans des cabas pour elle et ses deux enfants…. On la retrouve quelques heures plus tard dans un camion cahotant sur une piste cabossée et elle appelle une dernière fois son époux pour lui demander de prier pour eux. Tel est le point de départ d’une de ces transhumances tragiques, résumées dans les journaux télévisés en quelques chiffres et statistiques déshumanisants qui ne rendent jamais compte de la violence subie par les populations forcées de fuir leur pays.

 

A chaque détour de la route, on voit les dangers et l’horreur endurée par ces enfants et adultes dont le rêve d’un avenir meilleur n’est que mirage, réduits qu’ils sont à des valeurs marchandes, exploités par les passeurs et autres profiteurs. Ayant perdu la trace de leur mère, la sœur aînée et son jeune frère se retrouvent seuls. Ils ont fui la Birmanie où leur ethnie, les Rohingyas, est systématiquement persécutée par le pouvoir en place. Parvenus en Malaisie, ils avancent à vue, sans cesse menacés par des exploiteurs sans scrupule - mais aussi parfois aidés par quelques personnes auxquelles il reste une once d’humanité.

 

Le troisième film de ce cinéaste japonais ayant vécu en Asie du Sud-Est est bien plus qu’un simple mélodrame sur le sort de ces migrants anonymes qui disparaissent dans un silence effroyable au fond des eaux internationales ou expirent d’épuisement au bord d’une route. C’est avant tout une réflexion sur la manière dont le cinéma peut (et doit) interroger le réel.

 

Comment filmer cette horreur sans tomber dans le piège de la démonstration appuyée ou de la commisération bien-pensante ? A cela, Akio Fujimoto répond avec une intelligence de mise en scène qui, sans atténuer la force émotionnelle de sa fiction hyperréaliste, seconde celle-ci d’une force à la fois tellurique et poétique. Entre mouvements de fuite éperdue et instants suspendus porteurs d’un espoir déjà nécrosé, il compose une déchirante élégie en mémoire de toutes les victimes.

 

Une fiction éprouvante et documentée, où perce malgré tout l’espoir. Télérama

 

La force de ce beau film implacable, illuminé par la pureté immarcescible des deux petits (vraiment frère et sœur dans la vie), le regard bienveillant du réalisateur et celui, minutieux et englobant, caméra à l’épaule, du chef-opérateur Yoshio Kitagawa, c’est sa simplicité. Bande à Part

 

Le scénario de Fujimoto s’attache, à rebours de nombre de films de migrants insistant sur les épreuves déshumanisantes qu’ils endurent, à recréer pour ses personnages un territoire intime à chaque étape de leur errance. Cahiers du Cinéma

 

Avec ce film saisissant, Akio Fujimoto apporte un coup de projecteur sur l'histoire tragique du peuple rohingya martyrisé. Franceinfo.Culture

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