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Du 7 au 20 janvier 2026

ON FALLING

LAURA CARREIRA

Portugal-GB, sortie 29/10/2025, 1h44 - VOST

Aurora, immigrée portugaise en Ecosse, est préparatrice de commandes de vente en ligne, dans un entrepôt où son temps est chronométré. Au bord de la paupérisation et de l’aliénation, elle se saisit de toutes les occasions pour ne pas tomber : parmi elles, la présence bienveillante de son nouveau co-locataire polonais...

 

 

Récompensé en 2024 du prix de la mise en scène au Festival de San Sebastian, On Falling, présenté depuis en séance unique au Festival de Dinard 2025, est un film dont l’apparente douceur, liée à sa lenteur et au comportement résigné mais attentif de son personnage principal, ne permet que mieux mettre en évidence la violence d’un monde qui vous isole et vous infantilise.

Un carton, bloqué sur un tapis roulant, tourne sur lui-même et fait du surplace. L’image est furtive, Aurora s’y reconnaît…

Au fond, ce sont de petits détails, qui dans le fonctionnement même du travail d’Aurora, montrent la pression (la panique soudaine lorsqu’un objet à scanner n’est pas trouvé, le regard inquiet lorsqu’un contremaître raconte son week-end lui faisant perdre un temps qu’elle sait compté…), mais aussi le mépris déguisé derrière des récompenses ou pauses (une friandise chocolatée à choisir quand on a fait un bon travail, un temps de team building en jouant au ballon …) ou des félicitations (l’indécent appel au don pour l’environnement lors de la célébration des résultats de l’entreprise…).

Intelligemment, le scénario amène l’ulcération, en tendant inlassablement un miroir au personnage d’Aurora accablée par les questions, par les loisirs des autres : le contremaître bavard, le colocataire polonais et ses amis, les tentations dans les magasins…, ou par l’apparition de quelqu’un en qui elle pourrait se reconnaître.

Et l’émotion naîtra de la seule malheureuse parade dont le personnage, interprété avec retenue et complexité par la formidable Joana Santos, sera finalement capable. Irrémédiablement, notre cœur se serre face à la détresse cachée d’Aurora, symbole d’une société malade, de métiers aliénants et de management infantilisant, faute de pouvoir vivre de revenus indécemment bas.

Réussissant à filmer l’épuisement du personnage sans la sensation d’acharnement de certains scénarios de cinéastes (comme les Dardenne), Laura Carreira, s’inscrit, pour son premier long, déjà parmi les cinéastes importantes qu’on se devra de suivre.

 

Un film fort sur l'aliénation et l'isolement des déracinés. Ouest France

 

Le bouleversant portrait d’une femme face à l’isolement. Abus de Ciné

 

Ce pourrait être du Ken Loach – c’est d’ailleurs coproduit par lui – plongé dans le bain des Dardenne si le béhaviorisme scénarisé du film et l’incarnation hypersensible de l’actrice Joana Santos n’évoquaient « l’Histoire de Souleymane », autre portrait d’immigré esclave du capitalisme algorithmé. Fort et nuancé. L’Obs

 

Un film ténu, profondément humaniste, sans le clamer jamais. Les Inrockuptibles

 

C’est la beauté du premier long métrage de Laura Carreira que de partager la solitude des travailleurs sans qualification arrimés à des chariots qu’ils emplissent d’objets inutiles, guides par les bips d’appareils qui mesurent, enregistrent et comparent leurs performances. Cahiers du Cinéma

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