

Du 10 au 23 décembre 2025
LUMIÈRE PÂLE SUR LES COLLINES
KEI ISHIKAWA
Japon-GB-Pologne, sortie 15/10/2025, 2h03 - VOST
1 Nomination « Un Certain Regard » au Festival de Cannes 2025
D’après le roman de Kazuo Ishiguro, lauréat du prix Nobel de littérature.
Royaume-Uni, 1982. Une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d'amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… les fantômes de son passé semblent toujours là – silencieux, mais tenaces...
C’est dans cette oscillation entre présent et passé que Kei Ishikawa installe son adaptation du premier roman de Kazuo Ishiguro (Les Vestiges du jour) et navigue entre Jane Austen et Kafka, les souvenirs élégiaques et les traumas existentiels des conflits.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la beauté visuelle : la photo de Piotr Niemyjski capte les cicatrices d’une ville encore meurtrie, baignée d’une lumière laiteuse qui donne au récit la texture du rêve. Dans ces décors à demi effacés, les visages comptent plus que les dialogues.
Les comédiens, au diapason, s’avancent tous comme des spectres : Suzu Hirose incarne une Etsuko retenue, dont chaque geste semble lesté de regrets, tandis que Fumi Nikaidō, vibrante, prête à Sachiko une énergie inquiète, diaphane. Ensemble, elles dessinent une relation d’amitié et de survie, miroir inversé de celle qui, en Angleterre, unit Etsuko à sa fille…
A Cannes, certains reprochaient au film de lever trop directement les ambiguïtés du roman, mais c’est paradoxalement sa force : donner corps à ce que la littérature ne fait qu’esquisser. Plutôt qu’un secret, Ishikawa filme une confidence - transmise d’une génération à l’autre, d’un pays à l’autre.
L’intime devient universel, et la blessure de la mère résonne comme celle d’un peuple. En choisissant la clarté sans renoncer à la délicatesse, Lumière pâle sur les collines trouve son équilibre : un cinéma pudique, hyper élégant et mélancolique, où la mémoire est une lumière fragile qui éclaire et réchauffe un peu les souffrances.
Ce très beau film, pudique et impressionniste, en plus de dresser le portrait d'une femme, de son histoire intime, et à travers elle celle du Japon, nous invite à réfléchir sur la mémoire et sur la vérité. Franceinfo.Culture
Un cinéma tout en humanité et en sentiments, aussi troubles et éprouvants soient-ils. CinemaTeaser
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Un beau récit mélancolique, nimbé de résilience. Télérama
Kei Ishikawa adapte avec élégance et retenue l’intrigant premier roman du prix Nobel de littérature Kazuo Ishiguro sur les séquelles de la Seconde Guerre mondiale. La Croix


