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Du 27 Avril au 10 Mai

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VOUS NE DESIREZ QUE MOI
CLAIRE SIMON
France, sortie  le 9/02/2022 - 1h35 

Avec Swann Arlaud, Emmanuelle Devos, Christophe Paou…


Compagnon de Marguerite Duras depuis deux ans, Yann Andréa éprouve le besoin de parler : sa relation passionnelle avec l’écrivaine ne lui laisse plus aucune liberté, il doit mettre les mots sur ce qui l’enchante et le torture. Il demande à une amie journaliste de l’interviewer pour y voir plus clair. Il va décrire, avec lucidité et sincérité, la complexité de son histoire, leur amour et les injonctions auxquelles il est soumis - celles que les femmes endurent depuis des millénaires… 


Même le patronyme de Yann Lemée, Marguerite Duras l’avait effacé, lui imposant le prénom de sa mère, Andréa. Il serait donc Yann Andréa. Et, plus tard, Yann Andréa Steiner. Le rebaptiser, le réinventer, en faire un personnage et même l’acteur de «l’Homme atlantique» était, pour elle, une manière de marquer son emprise sur lui. Il était homosexuel, mais il serait son amant. Elle était son aînée de près de quarante ans, il serait son contemporain. Elle le gouvernait, il fut son obligé. Et aussi son secrétaire, son chauffeur et, à sa mort, son exécuteur littéraire. Il disait : «Un des mots-clés de Duras à mon endroit, c’est : “Je vous aime, tais-toi.”» Il avait pourtant brisé le silence, en 1982, et accepté de se confier à Michèle Manceaux, journaliste et amie de la romancière. Leur longue conversation ne paraîtrait qu’après la disparition (elle en 1996, lui en 2014) de ce couple hors norme, sous le titre «Je voudrais parler de Duras»... 
C’est cela que, écrasé par cette passion paroxystique, toxique et destructrice, comme tremblant de ses propres aveux, Yann Andréa, un verre dans une main, une clope dans l’autre, raconte à la journaliste, incarnée ici par Emmanuelle Devos, qui est une écoutante d’exception. Yann, c’est Swann Arlaud, pour la prestation duquel on n’a pas de mots. Il est habité par ce dont il souffre, par la femme qu’il aime, admire et qui le torture. Il ne dit pas son texte, il semble l’improviser, si fragile, suicidaire, au bord des larmes. Tournée en huis clos, temps réel et longs plans-séquences par une Claire Simon qui a relevé ce défi impossible : faire d’une interview un film dramatique (à la fois théâtral et poignant), la confession de Yann-Swann est, avant tout, un pur moment de cinéma. 

 
Une sublime mise en scène de la parole amoureuse, qui semble agir comme un énoncé quasi performatif : le film construit à partir des mots une projection mentale, un temps et un espace propre à la passion de Yann Andréa et Marguerite Duras. Bande-à-Part 

Avec « Vous ne désirez que moi », Claire Simon rend intemporelle l’emprise amoureuse, mais en choisissant la parole du faible, de l’homme dominé. « Être détruit », dit-il. Comme si la cinéaste créait une archive manquante à l’histoire de Yann A. et Marguerite D. Télérama 
Grâce à l’intensité de jeu d’Arlaud et Devos, ce film étrange réussit à pousser les meubles du portrait d’écrivain pour faire place à une parole rare et peut-être scandaleuse : l’intelligence de l’homme détruit et, inextricablement, construit par cet amour. Cahiers du Cinéma 
Claire Simon capte ces échanges intenses et magnifiques en de voluptueux plans-séquences entre lesquels s’intercalent judicieusement quelques images d’archives de Duras (présence dingue). Elle est servie par un acteur et une actrice sensationnels. Transfuge

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