Du 23 septembre au 6 octobre 2020

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LA FEMME DES STEPPES, LE FLIC ET L'OEUF
De QUANAN WANG
Mongolie, sortie le 19/08/2020, 1h40 - VOST  

  

8 Nominations dont 7 aux Berlinales 2019 et 1 au Festival du Film de Cabourg

Le corps d’une femme est retrouvé au milieu de la steppe mongole. Un policier novice est désigné pour monter la garde sur les lieux du crime. Dans cette région sauvage, une jeune bergère, malicieuse et indépendante, vient l’aider à se protéger du froid et des loups. Le lendemain matin, l’enquête suit son cours, la bergère retourne à sa vie libre mais quelque chose aura changé...

 

Une intrigue noire dans une steppe blonde. De l’absurde, au milieu de nulle part et en plan large.
Le film du Chinois Wang Quan’an s’ouvre par une séquence ubuesque : un vieux 4x4 de la police roule, la nuit, dans l’immensité de la plaine, en Mongolie-Extérieure, où galopent des chevaux sau-vages et seraient enfouis des œufs de dinosaures.
Soudain, les mauvais phares éclairent un cadavre allongé de femme. Après avoir réparé la voiture, tombée en panne, le chef des flics, proche de la retraite, laisse à un novice de 18 ans le soin d’empêcher les loups de dévorer la victime. Il charge ensuite une bergère, qui se déplace armée et à chameau, de veiller sur celui qui veille sur le macchabée…
Elle fera mieux, et plus, dans la chaleur d’un feu de bois. Quand le jour se lève sur un paysage où le ciel envahit toute l’image, les policiers viennent chercher le cadavre et l’enquête reprend son cours.

C’est autre chose que, dans une lumière et un silence d’avant l’humanité, raconte Wang Quan’an, ce cousin chinois du Turc Nuri Bilge Ceylan : le passage de la vie à la mort, la réincarnation et l’immémoriale sagesse des femmes qui vivent seules sous des yourtes, dans une steppe où la nature est plus forte que la culture.
C’est à la fois philosophique et comique, réaliste et abstrait, clair et obscur. C’est beau…

Et pourtant, Wang Quan’an réussit un film qui n’appartient qu’à lui. À travers cette histoire, où la fable se mêle au documentaire, il se livre à une méditation sur le cycle de la vie et de la mort, qui n’est jamais didactique ou pesante, mais toujours poétique et légère. Positif

 

Dans la Mongolie sauvage, un portrait marquant de femme libre. Télérama

 

C'est visuellement sublime - la photo est signée d'un chef opérateur français, Aymeric Pilarski. Chaque plan est composé comme un tableau vivant que le passage du temps vient modifier au gré du souffle du vent et des changements de lumière. Paris Match