

Du 25 mars au 7 avril 2026
RUE MALAGA
MARYAM TOUZANI
Maroc-France-Espagne-Allemagne-Belgique, sortie le 25/02/2026, 1h56 - VOST
Prix du public à la Mostra de Venise 2025
Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l'a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d'une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir…
Maryam Touzani (Adam & Le Bleu du Caftan) est une orfèvre en terme de gestion des sentiments (souvent contrariés) de ses personnages dont elle décrit aussi bien les élans que les moments de révolte ou de compassion. Passé par la section Venice Spotlight de la dernière Mostra de Venise, Rue Malaga est un vrai délice, grâce à l’équilibre entre drame familial et comédie émancipatrice, où la réalisatrice oppose le quotidien régulé d’une maison de retraite marocaine pour nationaux espagnols (la journée type exposée par le directeur peut être vu comme un parallèle de l’enfermement au couvent de sa récurrente amie religieuse) et la liberté retrouvée de cette femme âgée, sorte de fantôme dans son propre appartement.
Ayant su insuffler de beaux moments de comédie dans un récit au départ plutôt plombant (la confrontation initiale de la mère et de la fille est particulièrement tendue), Maryam Touzani évite de ainsi de se focaliser uniquement sur le conflit central autour de la vente de l’appartement et de la récupération des affaires.
Et c’est l’emploi de Carmen Maura qui rend tout le film lumineux : l’interprète des Femmes du 6e Etage, Volver ou encore Mes Chers Voisins, trouve ici l’un de ses plus touchants rôles, entre crispation et regains de malice. Une femme au naturel avenant (exposé brièvement dans la scène d’ouverture au marché, où elle semble connaître tout le monde et irradie d’un grand sourire) qui prend rapidement le dessus, après une phase de résignation, pour mieux nous amener vers la comédie, mais aussi un nouvel éveil à la sensualité.
Sans autre prétention que de donner voix au chapitre à une personne âgée, trop souvent considérée comme sans perspective d’existence voire sans importance, le film est au final une magnifique ode à la vie : une vie qui trouve sa voie, quel que soit l’âge.
Entre moments intimes et moments d’écoute, les silences et les sons ont alors particulièrement leur importance dans ces moments empreints d'une immense douceur, renforcés par la photographie qui met merveilleusement en valeur la nature qui les entoure.
Une formidable tragi-comédie sur l’enracinement et la force de la vieillesse. Télérama
Un long métrage délicat, souvent drôle et inspirant. Le Parisien
La manière sensuelle dont Touzani filme l’intimité sexuelle de ces octogénaires, laissée habituellement hors champ fait un bien fou. Première
Avec la délicatesse dont elle a toujours fait preuve, Maryam Touzani sublime la vieillesse en s’opposant au regard formaté et dénigrant que nos sociétés occidentales lui réservent habituellement. A Voir-à-Lire.com
Si, vers 80 ans, la mort rôde partout, Maryam Touzani rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour profiter des plaisirs de l’existence. Sa caméra colle au plus près des visages et des corps, beaux de toutes les traces du temps, offrant quelques scènes d’une douce sensualité. Le Monde


