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Du 22 avril au 5 mai 2026

LES DIMANCHES

LAUDA RUIZ DE AZUA

Espagne-France, sortie le 11/02/2026, 1h58 - VOST

 

Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s'apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu'elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d'embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d'un mal plus profond …

 

Coquille d’or du meilleur film au Festival de San Sebastian 2025, Les Dimanches est une œuvre feutrée, intimiste, et pourtant d’une violence sous-jacente inouïe. Abordant un sujet plus que délicat - la foi - autour du personnage d’une adolescente, le long métrage explore sa possibilité dans le monde d’aujourd’hui, la manière dont la foi peut être perçue de l’extérieur, voire même les intérêts qu’elle peut finalement servir ou contrarier.

Car Ainara a perdu sa mère. Et son père, Iñaki, croyant mais surtout pragmatique propriétaire d’un restaurant, a d’autres préoccupations que ses filles. Quant à sa tante, Maite, athée, elle tente surtout de comprendre le mal être de la jeune fille. Basé sur un scénario d’une rare finesse, le film, sans questionner frontalement la véracité de l’« appel » de Dieu (que cherche à éclaircir Ainara elle-même), va se transformer en véritable bataille d’influences autour de la possible entrée de celle-ci dans les ordres. Une bataille qui ne laissera personne indemne dans son entourage.

Car chaque personnage, finement développé, a ici un intérêt dans le « choix » fait par Ainara. Le père aurait une préoccupation de moins et une bouche de moins à nourrir, ainsi qu’un motif de respectabilité de plus. La mère supérieure Isabel aurait une ouaille de plus, asseyant un peu plus son pouvoir. La tante, si elle parvient à l’empêcher, aurait sauvé sa nièce de l’emprise néfaste des curés, permettant au passage son émancipation d’un milieu catholique qu'elle juge toxique et hypocrite. Chacun va ainsi jouer ses cartes, alternant négociations pleines de faux semblants et d’affrontements à peine voilés.

Quant à la mise en scène signée Alauda Ruíz de Azúa (l’encore inédit Lullaby et la série Querer), elle soufflera en permanence le chaud et le froid, représentant certains agissements comme limite sectaires, faisant douter jusqu’au bout de la nature de ce que cherche Ainara : une communion ? ou juste un réconfort ?

Enfonçant le clou par son dénouement et l’attitude finale de chacun des adultes, Les Dimanches est en tous cas un brillant plaidoyer pour la nécessité de prêter attention au mal-être des adolescents, porté notamment par la bouleversante Patricia Lopez Arnaiz (20000 Espèces d’Abeilles, Lettre à Franco).

Que l’on soit croyant ou non, on ressort indéniablement de la séance, profondément bousculé, le personnage principal semblant au final tout autant victime de ses propres souffrances que des projections de chacun des personnages secondaires sur sa virginité d’adolescente - qu’il s’agisse de la sœur, de ses camarades, et surtout des membres de sa famille.

 

D'une remarquable intelligence, un film troublant et émouvant. Le Journal du Dimanche

 

Ce grand film inconfortable sur la famille et la religion est d’une finesse… divine. Bande à Part

 

Un film subtil et d'une troublante douceur. Les Echos

 

Alauda Ruiz de Azúa captive et bouleverse grâce à la finesse de son écriture et au talent de ses deux actrices principales. Les Fiches du Cinéma

 

Bilan : treize nominations aux Goyas -les César espagnols - pour ce film puissant qui fait de notre potentielle incompréhension un moteur d’émotions. La Voix du Nord

 

Après la série “Querer”, la cinéaste basque poursuit son exploration, intelligente et âpre, de la famille. Télérama

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