

Du 12 au 25 août
THE CHRISTOPHERS
STEVEN SODERBERGH
GB, sortie 10/06/2026, 1h40 - VOST
Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori, restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune...
Les artistes vieillissent-ils plus mal que les autres ? Voyez Julian Sklar : jadis, ses toiles s’arrachaient pour des fortunes et le voici aujourd’hui réduit à monnayer ses autographes de « vieil ego pompeux et pontifiant » (sic) en ligne sur le web. Quand la belle et énigmatique Lori Butler sonne à sa porte, il voit en elle une nouvelle distraction. Officiellement, elle vient l’aider à inventorier sa maison. Officieusement, cette peintre frustrée, qui gagne sa vie dans une baraque à frites quand elle ne restaure pas des œuvres d’art, est chargée par les rejetons de Sklar, en froid avec leur père, de terminer à son insu une série mythique de tableaux inachevés, « The Christophers », afin qu’ils les revendent et s’en mettent plein les poches.
C’est donc encore une histoire de manipulation que met en scène Steven Soderbergh dans son quatrième film en deux ans et second (après The Insider ) situé à Londres, ville dont il exploite avec malice le bagage culturel et la dimension théâtrale. La joute qui oppose Sklar, le boomer cynique et misogyne, à Lori, la forte tête woke et taiseuse, carbure à la revanche sociale et à la réplique cinglante (« J’ai aussi été en trouple, à l’époque, on appelait ça l’infidélité »).
Sous couvert de film d’arnaque, The Christophers nourrit une réflexion ludique sur ce qui fonde un artiste et la question du point de vue en art. Il est d’ailleurs autorisé de voir en Sklar le provocateur, qui vendit ses toiles aux enchères sur le trottoir, comme en Lori, l’artisane ambitieuse et discrète, une projection bicéphale du réalisateur d’Ocean’s Eleven. Ce qui les réunit ? Le goût du jeu, le plaisir de défier le système. L’artiste n’est pas un escroc comme les autres
Un féroce duel d’intelligence, porté par Michaela Coel et Ian McKellen, doublé d’une réflexion sur l’art et sa valeur. Les Inrockuptibles
Remarquable exercice de style, "The Christophers" s’impose moins comme une satire acerbe qu’une méditation fascinante et parfois bouleversante sur la notion même de création. À ne surtout pas manquer au cinéma ! Abus de Ciné
Une miniature magnifique et maîtrisée. Les Echos
Un film intime, mordant, qui révèle, sous ses airs de comédie noire à l’humour très britannique, la mélancolie d’un créateur à son crépuscule. Le Dauphiné Libéré
Soderbergh revient au film de casse et d’arnaque, de manière élégante. Télérama


